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La lutte des prolétaires et des masses populaires au Maghreb est celle de tous les exploités !

12/01/2011

La répression atroce des manifestants et la persécution des militants, la vague de suicides de travailleurs pauvres et de chômeurs ainsi que les nombreuses personnes tuées par la police, ont suscité parmi la population l’horreur et la rage contre le régime de Ben Ali, et un élan de sympathie pour la lutte des travailleurs et des classes populaires de Tunisie.


A l’origine du mouvement, l’immolation par le feu d’un jeune prolétaire de la région de Sidi Bouzid, particulièrement touchée par le chômage et la misère, a provoqué la réaction de la jeunesse et de toute la population pauvre de la région. Cette réaction s’est étendue ensuite à de nombreuses autres régions, puis au pays entier et à des secteurs sociaux plus larges.

Cette explosion sociale est, bien sûr, une réaction aux effets de la crise capitaliste en Tunisie. La situation économique du pays est loin d’être celle du « miracle économique tunisien », loué par la bourgeoisie française qui va y passer ses vacances. Le chômage, y compris des diplômés, l’absence d’avenir, l’inégalité croissante entre les régions et l’inégalité sociale sont les traits marquants de la situation dans ce pays, élève modèle du FMI, dont le gouvernement a tout privatisé.


Mais la réaction contre cette situation économique s’est vite transformée en une lutte politique pour en finir avec Ben Ali et son régime. Ces derniers ont précisément instauré et renforcé au fil des ans une dictature oppressive pour protéger les privilèges d’une minorité bourgeoise, qui baigne dans la richesse et la corruption, en empêchant par la force tous ceux et toutes celles qui s’aventuraient à critiquer cette politique de s’exprimer et de s’organiser.


En dépit de différences importantes, des situations similaires existent dans l’ensemble de l’Afrique du Nord. Il n’est pas étonnant que la révolte qui va en s’approfondissant en Tunisie, ait encouragé la jeunesse pauvre d’Algérie à se soulever à son tour.


Les affrontements et les émeutes sont une chose courante en Algérie. Mais, alors même que les rentrées d’argent de la rente pétrolière et gazière enregistrent des taux records cette année, l’augmentation massive des prix des denrées alimentaires de base a donné le signal de leur généralisation. Le soulèvement a mis en évidence la faiblesse du régime algérien, son incapacité à fournir une vie digne à cette masse grandissante de chômeurs sans perspectives qui ont attaqué les quartiers huppés et les symboles de la richesse et de l’Etat.

Vive la révolte populaire contre les chiens de garde de l’ordre capitaliste et impérialiste !


Le Maghreb s’enflamme car les pouvoirs en place, ceux de la bourgeoisie nationale, ont échoué dans leur projet initial de développer leurs pays. Leurs régimes ont confisqué les acquis des luttes de libération pour construire des dictatures et des pouvoirs autoritaires. Ils sont devenus, de plus en plus ouvertement, les chiens de garde de l’ordre capitaliste et impérialiste dans la région.


La Tunisie comme l’Algérie, mais aussi le Maroc, sont des capitalismes dépendants. Les classes dirigeantes s’y accaparent les miettes que veulent bien leur concéder les grandes puissances qui dominent le marché mondial et dictent leurs conditions. Et tous ces petits arrangements entre amis se font, bien sûr, au détriment de la majorité de la population, composée de prolétaires avec ou sans emploi toujours plus nombreux, qui n’ont que leur force de travail pour survivre.


Seuls des partis communistes et révolutionnaires, fondés sur les intérêts exclusifs de ce prolétariat, peuvent pousser jusqu’au bout la lutte pour réaliser les tâches démocratiques que s’étaient fixées à l’origine les révolutions anticoloniales, et offrir une perspective aux travailleurs de la ville et de la campagne, aux chômeurs et à la jeunesse. Seules des Républiques fondées sur le pouvoir des travailleurs peuvent anéantir ce joug de misère et d’oppression qui tenaille la région, en mettant dans les mains de la classe ouvrière tous les secteurs décisifs de l’économie, dans l’objectif de répondre aux besoins des travailleurs et de la majorité de la population – c’est à dire en ouvrant la voie au socialisme.

Face à la collaboration des Etats contre les exploités, la solidarité internationale doit être totale !


La peur de la contagion de cette mobilisation est partagée par l’ensemble des Etats de la région. La monarchie marocaine interdit ainsi les rassemblements de soutien à la lutte des Tunisiens. Khadafi annonce fébrilement la suppression des taxes sur les produits de première nécessité, après avoir fait emprisonné les militants d’opposition.


Face à la persécution des militants, aux assassinats et aux tirs à balles réelles contre les manifestations en Tunisie, tous les étudiants, les travailleurs et les classes populaires de France doivent marquer leur solidarité. Compte tenu des liens qui unissent les travailleurs français et les travailleurs tunisiens, d’une part; et d’autre part du rôle direct de l’impérialisme français en Tunisie; la responsabilité du mouvement ouvrier et démocratique en France est totale.


Par la bouche de Michèle Alliot-Marie, la réaction officielle du gouvernement français aux événements en Tunisie consiste à proposer « le savoir-faire de la police française » à la police tunisienne qui tire sur la foule. La bourgeoisie française sait combien un soulèvement victorieux des exploités en Tunisie serait dangereux pour ses propres intérêts et lui ferait perdre un allié considérable dans la région.


Il pourrait également donner de mauvaises idées aux exploités en France, car c’est la même lutte que nous menons, la même exploitation et les mêmes plans d’austérité que nous combattons – et ici comme là bas le socialisme est la seule réponse.


Les initiatives de solidarité, les rassemblements et les manifestations unitaires doivent s’amplifier immédiatement pour exiger l’arrêt immédiat de la répression, proclamer un soutien sans faille à la lutte des travailleurs et travailleuses d’Afrique du Nord, dénoncer le soutien du gouvernement français au régime de Ben Ali !

  • Halte à la répression !
  • A bas les chiens de garde du capitalisme !
  • Vive la lutte des prolétaires et des jeunes au Maghreb !
  • Pour des Républiques Ouvrières !
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