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Contre Kadhafi, contre le plan des grandes puissances pour la région : solidarité avec l’insurrection libyenne et les masses pauvres et exploitées !

21/03/2011


L’insurrection en Libye est un élément fondamental de la vague révolutionnaire que connaît actuellement le monde arabe. Son objectif est d’en finir avec 40 ans d’oppression politique, de division tribale de la société et d’inégalités régionales sciemment entretenues. Si Kadhafi a pu jouir d’un certain prestige dans le monde arabe, cela était fondé sur l’idée fausse que les Libyens profitaient de manière avantageuse de la redistribution de la rente pétrolière.

Les masses pauvres, en particulier dans les vastes zones rurales du pays, étaient complètement exclues, en fait, de celle-ci, qui était essentiellement consacrée au renforcement du clan au pouvoir et à ses opérations financières juteuses.

Ce dernier n’a d’ailleurs pas hésité à se mettre à plusieurs reprises au service de l’impérialisme occidental, en intervenant dans les affaires de différents pays africains, puis en devenant de plus en plus ouvertement un agent de la police de l’immigration et des frontières de l’Union Européenne. Nous soutenons donc sans conditions la révolte du peuple de Libye.

Face à la répression militaire sanguinaire du régime, l’insurrection s’est retrouvée isolée au plan mondial. Dans ce contexte, Kadhafi a pu reprendre le contrôle, ville par ville, des régions qui étaient tombés aux mains des insurgés. Il a en cela été aidé par les armes que lui a fourni l’impérialisme français, à hauteur de 30 millions d’euros pour la seule année 2009.

Le calcul cynique de l’impérialisme : affaiblir l’insurrection, puis affaiblir Kadhafi, pour se poser en arbitre de la situation, rétablir et affermir son contrôle sur la région

Dans le même temps, l’impérialisme occidental prétextait et prétexte encore de la situation en Libye pour masser troupes et navires de guerre dans la Méditerranée. Cette présence militaire accrue est en fait tournée contre les peuples de la région : elle vise à leur faire comprendre que les « transitions démocratiques », en Égypte comme en Tunisie, devront rester sous leur contrôle, ne pas dépasser certaines limites, ni toucher à leurs intérêts.

C’est dans ce contexte que s’inscrit l’intervention militaire actuelle en Libye. Elle présente des similitudes importantes avec l’intervention armée en Irak, en 1991. Son « objectif n’est pas de chasser Kadhafi du pouvoir », selon l’amiral Mullen, qui se fait ici le porte-parole de l’armée américaine à qui échoit le commandement militaire des opérations. Lors de la guerre du Golfe également, la coalition U.S. avait affaibli le régime de Saddam Hussein, tout en laissant intact ses principales forces de répression et ses services secrets dont il s’est servi pour écraser la population en révolte, dans le Sud et le Nord kurde du pays. Les Kurdes en particulier avaient subi un exode massif, avant que l’ONU ne leur « concède » une zone sous son mandat, contrôlé par les partis nationalistes pro-U.S. UPK et PDK, et qui devait servir de tête de pont aux intérêts des grandes puissances dans la région.

Aujourd’hui, chacun peut constater la barbarie dans laquelle a été plongé l’Irak, et à sa suite l’Afghanistan.

Il n’est pas exclu que l’impérialisme opte pour un plan similaire dans la région, en essayant d’attiser et de profiter des divisions tribales au sein de la société libyenne et en s’appuyant sur les anciens notables du régime, qui dominent désormais dans le Conseil National de Transition. De fait, la France, les U.S.A. et leurs alliés ont d’abord laissé Kadhafi massacrer son peuple et écraser l’essentiel du potentiel militaire de l’insurrection. Cette tâche contre-révolutionnaire étant accomplie, ils souhaitent désormais se racheter une crédibilité auprès des masses pauvres en révolte dans la région, comme auprès de la population dans leurs propres pays – en empêchant l’écrasement total de la révolte, puis en affaiblissant, mais sans le renverser le régime de Kadhafi. Cette crédibilité, et ce pied qu’ils veulent poser dans la zone, ils les mettront au service d’un plan pour sauvegarder leur contrôle sur les évolutions politiques de la région, en privatisant au passage le pétrole libyen.

On ne peut néanmoins reprocher à la population libyenne confrontée à la mort d’accueillir favorablement certaines des actions militaires de la coalition – quand bien même cette dernière comprend les pires criminels que sont les puissances impérialistes, ou encore l’Arabie Saoudite qui tire sur son peuple et intervient au Barhain. Et si on ne peut lui en faire grief, c’est que l’aide que le peuple libyen était en droit d’attendre des peuples du monde entier, et en particulier du prolétariat international, n’est jamais venue – car il n’existe plus, et depuis bien longtemps, d’organisations révolutionnaires puissantes qui auraient pu l’organiser. C’est à cela qu’il faut remédier.

Ce sont les peuples et les travailleurs qui doivent intervenir !
Malgré l’unité affichée initialement, les grandes puissances et leurs alliés sont divisés sur l’attitude à adopter. A peine mise sur pied, leur coalition se divise et s’effrite, ce qui marque une différence fondamentale avec la guerre du Golfe de 1991. L’intervention militaire va être l’occasion d’une nouvelle escalade dans les relations internationales, opposant les différents blocs bourgeois.

D’un autre côté, les masses pauvres et exploitées du monde, pays par pays, ont tendance à renouer avec la révolte et avec la lutte de classe, et ce mouvement dépasse les frontières du monde arabe.

Ceux qui dominent la planète ne peuvent plus la dominer de la même façon qu’auparavant et leur concurrence économique s’aggrave avec la crise ; de même, ceux qui sont dominés ne sont plus disposés à l’accepter comme par le passé. L’instabilité créée par cette situation rend précaires l’ensemble des plans des différents belligérants et des différentes forces politiques bourgeoises.

En dépit de la répression sanglante de Kadhafi et de ses semblables comme des calculs cyniques de l’impérialisme, il n’est donc pas dit que les ennemis des peuples et des exploités puissent encore longtemps contrôler la situation.

Il est urgent que les exploités, en particulier dans les pays dominants comme la France, cessent d’être spectateurs de la situation et interviennent pour en finir avec l’ordre capitaliste et ses dirigeants, qui mènent le monde vers la misère et les guerres meurtrières ! L’union sacrée ne doit pas être acceptée et les motivations réelles de la bourgeoisie française et internationale doivent être dénoncées. En premier lieu, il nous faut être attentifs aux évolutions de la situation militaire, et prêts à nous mobiliser, dès que cela sera nécessaire, contre toute réédition du scénario irakien en Libye, pour le retrait d’un dispositif militaire stratégiquement tourné contre les peuples, pour soutenir et étendre le processus révolutionnaire.

Seule la lutte internationale pour établir des régimes socialistes qui tendront une main fraternelle aux opprimés de tous les pays peut bouleverser la situation en renversant durablement le rapport des forces. Un mouvement prolétarien révolutionnaire fort et organisé, un parti mondial pour le communisme, est nécessaire pour cela. Rien n’est plus urgent que d’avancer vers cet objectif, en construisant partout des cellules et des cercles communistes internationalistes coordonnés par-delà les frontières, en affermissant l’unité des révolutionnaires dans l’action !

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