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Intervention pour le rassemblement contre le racisme et les politiques anti-immigrés (28/05/2011)

30/05/2011

Samedi 28 mai, journée de mobilisation nationale contre le racisme et les politiques anti-immigrés, un rassemblement a été organisé à Lyon. Cette manifestation a été appelée localement par Attac Rhône, Collectif 69 de soutien aux sans-papiers et demandeurs d’asile, NPA, MRAP, PCF, RUSF, LDH-Fédération du Rhône, UPC, VP/ Partisan, CNT69 santé/social, Gauche Unitaire, Soldaire 69, FSE-Lyon, COVRA (Villeurbanne), FASE 69, IDR, « La journée sans immigrés », les Voraces, la RAFALE …
300 personnes se sont rassemblés sur l’esplanade du pont de la Guillotière, pour dénoncer les campagnes de stigmatisation de populations étrangères ou d’origine étrangères et exiger la régularisation de tous les sans-papiers, la liberté de circulation et d’installation, l’égalité des droits.
Engagé dans le Réseau Université Sans-frontières 69 et le Collectif 69 de soutien au sans-papiers et demandeurs d’asile, Union Pour le Communisme a participé activement à cette rencontre. Un camarade a introduit les prises de paroles des différentes organisations et individus présents. Ci-dessous voilà son intervention :

Intervention pour le rassemblement contre le racisme et les politiques anti-immigrés
28/05/2011

Ce rassemblement s’inscrit dans le cadre d’une initiative nationale. Aujourd’hui, c’est dans tout le pays que l’on se rassemble, que l’on manifeste, que l’on dit non à ce programme politique et aux idées prônant le rejet de l’autre et la discrimination ; que l’on s’oppose au racisme (d’Etat) et aux politiques d’immigration de plus en plus répressives et inhumaines envers les étrangers et notamment les plus précaires d’entre eux .
A Lyon c’est une 10aine d’organisations qui ont répondu à cet appel.

Vous l’avez remarqué, depuis ces derniers mois, on assiste à une entreprise extrêmement forte de stigmatisation des immigrées et des français d’origine étrangère.
Ces politiques xénophobes ne datent pas d’hier. Ces dernières années, sous différents gouvernement, on a vu la liberté de circuler réprimée au nom de la lutte contre l’immigration clandestine, l’apparition des centres de rétention et les expulsions massives.
Depuis des 10aines d’années, les jeunes, surtout enfants d’ouvriers et d’immigrés, sont stigmatisés dans les cités.
Mais avec Sarkozy, et l’aggravation de la crise, ces politiques sont multipliées par  100… Et nous assistons tous les jours à une surenchère nationaliste. L’Etat surfe sur le mécontentement de la population et notamment des plus pauvres, pour leur proposer comme solution au problème du chômage, de la précarité, le repli identitaire sur des bases nationalistes.
A la crise économique, au chômage, à la pauvreté, l’Etat répond par la division des travailleurs et des exploités sur des critères ethniques, culturels, religieux. Au lieu de régler les problèmes d’inégalité et de pauvreté, on répond par des solutions identitaires, par le communautarisme.

C’est à coup de petites phrases assassines que certaines catégories de populations sont montrées du doigt comme des délinquants en puissance, comme des voleurs de travail, des profiteurs de droits sociaux, etc., pour tenter de diviser les « bons » français contre les « mauvais », les « bons » immigrés contre les « mauvais », les « bons » pauvres contre les « mauvais », etc.

Depuis le discours de Grenoble et jusqu’aux dernières attaques de Guéant qui visent l’immigration régulière et les enfants d’immigrés, la campagne de stigmatisation du gouvernement vise aussi, du même coup, des fractions de la population française, pointant du doigt ceux et celles qui sont d’origines étrangères, dont les parents, les arrières-grands parents sont venus d’Afrique et d’ailleurs, pour travailler et enrichir les patrons français.

Le dernier discours de Guéant sur les enfants d’immigrés est une preuve parfaite de ces discours racistes décomplexés, qui sont d’une violence inouïe pour ceux et celles qui en sont la cible.

Guéant récidive, puisqu’il avait déjà dit, il y a quelques jours, le même jour où il parlait de « croisade » pour justifier l’intervention en Libye :
« Les Français, à force d’immigration incontrôlée, ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux, ou bien ils ont le sentiment de voir des pratiques qui s’imposent à eux et qui ne correspondent pas aux règles de notre vie sociale. »

Les populations Rroms et les Tunisiens ont récemment été les victimes de cette propagande populiste sur l’invasion et présentés comme des menaces pour la société française… Ils sont aussi victimes d’une véritable répression.

Aujourd’hui se sont particulièrement les Tunisiens qui sont en sont la cible. A Lyon et partout en France, c’est une véritable chasse au tunisiens qui est mise en place. Fuyant la misère de leur pays dont l’État français, 1er soutien du dictateur Ben Ali, est en partie responsable, ils se retrouvent chasser comme des malpropres, à vivre dans la précarité la plus dégradante, et la crainte constante d’être arrêtée, etc. Le CRA de Lyon est rempli de Tunisiens… Plus de 3000 Tunisiens ont déjà été expulsés vers l’Italie ou la Tunisie. Et déjà plus d’un millier d’enfants, de femmes et d’hommes tunisiens sont morts en Méditerranée à cause de ces politiques migratoires ! Alors que nous devrions leur apporter notre soutien, les accueillir de manière décente et fraternelle.

Face à la répression policière et aux menaces qui pèsent sur eux, les Tunisiens tentent de s’organiser collectivement. Ils manifestent, ils communiquent sur leur situation, ils revendiquent des droits, etc.

Ce combat collectif s’inscrit dans un combat continu et incessant mené notamment par les sans-papiers eux-mêmes :
– On se souvient, il y a dix ans, de la lutte des sans-papiers de l’église St Bernard à Paris ;
– L’année dernière de la marche des sans-papiers, qui ont traversé la France pour populariser leur lutte pour la régularisation de tous les sans-papiers, et aller dire aux chefs d’Etat Africains de ne pas collaborer avec l’Etat Français ;
– Il y a eu aussi les 6000 grévistes travailleurs parisiens qui ont réussi à faire céder le gouvernement ;

– Il y a aussi les multiples luttes quotidiennes qui sont autant de résistances face à cette chasse aux sans-papiers.

Et aujourd’hui nous manifestons une fois de plus pour :
dire non à cette politique anti-immigrés menée avec zèle par Sarkozy et le gouvernement.
Et contre les idées racistes et xenophobes qui ont pour but, dans cette période de crise de l’économie capitaliste, de monter les populations les unes contre les autres, pour mieux mettre en place des politiques anti-sociales ; de « diviser pour mieux régner ».

Dans nos engagements militants, nous sommes souvent dans les luttes au cas par cas, mais la situation actuelle impose de nous orienter davantage vers des luttes collectives. Notamment car tous ces cas individuels sont, en réalité, des cas collectifs. Et il faut que nous arrivions à dépasser ces luttes tout à fait légitimes pour ces cas individuels, pour entrer sur le terrain d’une lutte plus globale contre les politiques anti-immigrés dans leur ensemble et pour l’égalité des droits et pour des droits sociaux dont tout être humain à le droit !

Cette journée de mobilisation nationale fait suite aux multiples manifestations qui ont eu lieux contre le racisme et la xénophobie, et plus récemment contre la loi Besson. Ce nouveau rassemblement doit être une nouvelle étape dans ce combat collectif que nous menons pour l’arrêt de ces politiques migratoires, pour la régularisation de tous les sans-papiers, la liberté de circulation et d’installation.
Il faut renforcer les collectifs déjà existants. Et travailler au maximum en commun, afin de créer un véritable mouvement populaire et un rapport de force favorable à nos revendications. Nos organisations, nos collectifs, nos associations doivent continuer à travailler ensemble dans cet objectif, pour des initiatives unitaires…

Nous devons, plus que jamais
– continuer à amplifier cette lutte pour l’égalité des droits, pour la liberté, etc. ;
– battre en brèche les idées racistes et xénophobes, prônant la haine de l’autre ;
– et abolir les politiques, les lois créant des citoyens de seconde zone, des individus sans droits, la précarité, la pauvreté et l’exclusion !

C’est clairement un combat internationaliste que nous devons mener, contre toutes formes de nationalisme et de chauvinisme.

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