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Compétitivité, comptabilité, argent : absurdités !

09/07/2012
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Table ronde à Matignon le 5 juin 2012

La valse des « analystes » qui, à la télévision, à la radio ou dans la presse écrite, expliquent que l’économie de la France n’est pas assez compétitive est permanente. La droite accuse la gauche au pouvoir d’affaiblir la compétitivité. La gauche accuse la droite de l’avoir dégradé ces cinq dernières années. C’est, à peu prêt, le même scénario dans tous les pays du monde.

Mais que peut bien vouloir dire être compétitif ? Dans la comptabilité des entreprises,le salaire versé aux travailleurs est dans la colonne « charge ». L’argent récolté suite à la vente des biens et des services, fruits de ce travail, est dans la colonne « produit ». La compétitivité, c’est réduire les charges, et donc les salarié-e-s, et augmenter le produit, et donc vendre plus.

Le salaire de ceux et celles qui achètent les produits correspond donc à une charge, du point de vue des capitalistes. Le problème, c’est que faire changer ses dents, faire des enfants, s’installer dans une maison correspond également à une charge, du point de vue des salarié-e-s et des chômeurs/ses. Donc, lorsque le capitaliste allège ses charges à lui, celles du salarié deviennent lourdes au point qu’il doit y renoncer, puisqu’il se retrouve avec un bas salaire ou au chômage.

Du coup, il y a plein de prothèses dentaires, de couche-culottes hypoallergénique, de pédopsychiatres et de maisons disponibles sur le marché, et plein d’édentés, d’enfants et de SDF qui n’ont pas de quoi se les payer. Et les capitalistes, les politiciens, qui sont imperméables au bon sens car rendus fous par l’argent, ne comprennent pas pourquoi leurs colonnes « produit » progressent moins vite qu’ils n’arrivent à réduire leurs colonnes « charge ». Les plans d’austérité, la « crise de la dette », les guerres impérialistes à l’œuvre hier et aujourd’hui ne sont qu’un moyen pour supprimer brutalement les « charges », c’est à dire les gens et leurs moyens de survie, en espérant augmenter tout aussi brutalement les « produits ».

Lorsque le commun des mortels regarde autour de lui, tout est abondant et pourtant il faut économiser deux radis et trois pommes de terre. Il y a forcément une arnaque. Elle repose sur des mystifications absurdes : la comptabilité, la « compétitivité », et même l’argent, en font partie. Depuis l’enfance, on nous dit que pour produire et consommer des objets, il faut des rondelles de métal, des billets en papier ou des virements bancaires. C’est faux : il faut simplement travailler.

Mais pourquoi la comptabilité, la compétitivité et l’argent existent, alors ? Parce que l’augmentation de la richesse et du pouvoir des riches a besoin de tableaux compliqués pour faire croire aux pauvres qu’être pauvre, exploité, licencié, embauché dans des tâches absurdes, est quelque chose de naturel et de scientifique.

La cure actuelle de misère, de stress, de maladies et d’incohérences contraste tellement avec la richesse matérielle disponible qu’elle perd toute espèce de sens. Lorsque l’absurdité atteint un tel degré, il s’ouvre une période de révolution sociale.

Les gens vont donc finir par s’énerver, inéluctablement. Mais il faudra qu’ils aient quelque chose à proposer, car avec la crise, quand on est énervé, on peut aussi bien renverser le capitalisme que s’en à prendre à ses voisins (les musulmans, les étrangers, l’Allemagne, la « haute finance », les chômeurs, les fonctionnaires, le « lobby sioniste », etc.) pour leur disputer une miette ou deux. Il ne manque pas de politiciens plus ou moins subtils pour nous y inciter.

Les rancœurs, les envies et les haines produites par le monde de la comptabilité et les positions qu’il alloue, ont un résultat : nous faire perdre de vue le bon sens qui dit qu’il faut comptabiliser les biens qu’on produit et la force de travail qu’on y consacre en fonction des besoins réels qui s’expriment et se développent dans la société, de sorte à les satisfaire. C’est à dire qu’il faut compter en bébés, bouches à nourrir, dents, pommes de terre, couche-culottes, et pas en euros.

Il ne suffit pas, comme le propose Lutte Ouvrière, d’établir « le contrôle ouvrier » sur la comptabilité capitaliste pour « montrer que les licenciements ne sont jamais justifiés », car du point de vue de cette comptabilité, ils le sont toujours. Rome ne s’est pas construite en un jour, et le communisme ne se fera pas sans transition : nous n’appliquerons pas le même traitement au petit commerçant et à la grande industrie ; il y aura bien des dégâts connexes à réparer, et des échanges internationaux à maintenir et il faudra prendre d’abord le contrôle des banques, avant de les transformer en écoles ou en musées. Mais ce qu’il faut, c’est démolir la comptabilité et faire disparaître l’argent, véritable opium du peuple. C’est le contenu du socialisme et c’est cet objectif que nous nous fixons.

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