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La formation professionnelle : un enjeu de classe

14/07/2012

En France, environ 1,6 % de la masse salariale des entreprises est consacrée à la formation. Elle est reversée à des organismes collecteurs, gérés par le patronat et les syndicats : les OPCA. Ces derniers financent en retour un certain nombre d’actions de formation mises en place par les entreprises, ou des actions collectives, pour lesquels des organismes de formation sont conventionnés.

Les moyens mis en place par la société capitaliste pour la formation continue des salariés sont donc dérisoires, en comparaison de la masse totale du profit qu’elle extorque de leur travail. Mais ces quelques dizaines de milliards d’euros sont assez considérables pour attirer bien des convoitises, et ont permis l’expansion d’un marché prospère. Il s’y ajoute des fonds de l’État et des régions, gérés souvent par Pôle Emploi, visant surtout les actions de formation pour adultes à destination des prolétaires au chômage, ou de ceux qui y sont destinés par les plans sociaux qui se succèdent.

Le monde de la formation est divisé par les mêmes clivages de classe que le reste de la société. Les statistiques en attestent : les fonds prélevés sur la richesse produite par tous/tes se destinent surtout aux formations des cadres moyens et supérieurs, lorsque ces actions ne cachent pas carrément des moments de détente collective du personnel d’encadrement, aménagés les services des ressources humaines. Et, lorsqu’elles s’adressent aux ouvrier-e-s et employé-e-s d’exécution, il ne s’agit en général que d’une manœuvre préventive, destinée à faire accepter déclassements, reclassements et licenciements parce qu’il « faut bien savoir s’adapter à l’évolution du marché de l’emploi ». Les capitalistes appellent cela la « gestion prévisionnelle des emplois et des compétences ». C’est avec de telles bêtises, accompagnées d’une bonne dose d’argent public, que l’État compte endormir les ouvrier-e-s de P.S.A., et tous ceux, toutes celles qui sont menacées par les prochains trains de licenciements collectifs.

Les fonds publics financent également, et surtout, les formations au rabais des demandeurs d’emploi, qui servent à faire les gros sous de quelques organismes, et à envoyer une masse de jeunes prolétaires, « décrocheurs scolaires » et le plus souvent issus des quartiers populaires et des zones rurales, sur les chaînes des usines, les chantiers ou aux caisses des grands magasins. Lorsqu’ils/elles ne travaillent pas gratuitement comme stagiaires, ils/elles sont payé-e-s, en alternance, un salaire de misère, en fonction de la grille dérisoire des contrats de professionnalisation. Alors que cette situation n’intéresse que le patronat, les frais annexes sont pris en charge par la collectivité.

La généralisation de l’apprentissage, pour laquelle se bat le patronat, vise à étendre cette situation aux jeunes dès 14 ans, en les poussant hors du système scolaire. Proposition du gouvernement de Nicolas Sarkozy, elle n’a pas été réellement dénoncée par le Parti Socialiste, qui dispose aujourd’hui de la majorité. Il faut s’en inquiéter car l’on constate tous les jours que ce qu’il n’a pas dénoncé, il se dispose à l’appliquer encore plus rapidement que les mesures auxquelles il a fait mine de s’opposer. Pour preuve : le décret du 18 février 2012 qui rend possible l’alternance dès le collège n’a pas été abrogé par l’équipe Hollande / Ayrault, ce qui ne semble pas perturber outre mesure les directions syndicales enseignantes. Il faut lutter pour l’imposer.

Ça et là, que ce soit dans les CFA, dans les centres AFPA ou dans les organismes directement privés, des résistances éclatent parmi les élèves et les stagiaires, pour l’amélioration de leurs conditions de formation et de travail, ou pour faire respecter leurs droits. Les militant-e-s de classe, et en particulier les communistes révolutionnaires, doivent apporter des réponses à cette situation, permettre une solidarité et une organisation plus large, sur le terrain de la lutte concrète. Bien des militant-e-s des confédérations syndicales voient les précaires, les stagiaires ou les apprentis surtout sous l’angle d’une menace sur leurs acquis, plutôt que comme des alliés naturels dans la lutte contre l’employeur. Nous disons à l’inverse qu’à travail égal, il doit y avoir salaire égal, et obligation d’embauche, en CDI, pour les patrons.

Qu’elles s’adressent aux travailleurs en activité, aux jeunes ou aux chômeurs/ses, les formations proposées aujourd’hui sont, pour l’essentiel, de mauvaise qualité. Elles répondent de plus en plus rarement à des besoins sociaux réels, et de plus en plus aux seuls besoins de l’exploitation capitaliste. La tartuferie de la récupération, par le capital, de la revendication du droit à la formation tout au long de la vie doit être dénoncée. Il est essentiel de défendre notre point de vue de classe sur les transformations radicales qu’il convient d’apporter à la formation et à l’appareil de formation. Au lendemain de la révolution, ils devront devenir des instruments essentiels de la société socialiste pour permettre aux travailleurs-ses de se rendre maîtres de la production elle-même.

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