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Le « pacte pour la compétitivité » : des mesures anti-ouvrières qui ne permettront pas au capital de surmonter sa crise

06/12/2012

Le « pacte pour la compétitivité » de François Hollande et Jean-Marc Ayrault comporte de nombreuses mesures, toutes plus scandaleuses les unes que les autres, financées par la hausse de la TVA. Parmi elles, le dispositif phare est le « crédit impôt recherche », qui consiste à faire passer 20 milliards d’euros des poches de l’Etat à celles du patronat – dont on fait mine de supposer qu’il s’en servira pour investir, alors même que Mittal qui annonce la fermeture de Florange pourra de toute évidence bénéficier de millions d’euros.

Crédit photo : afp.com/Bertrand Langlois

Crédit photo : afp.com/Bertrand Langlois

Le fameux « pacte » est mis en place au nom de la « lutte pour l’emploi », emploi dont on nous dit qu’il est menacé par le « coût du travail » trop élevé, cause de la perte de parts de marché de la France à l’international et des « délocalisations ».

Pourtant, selon les premières estimations, les quatre entreprises qui vont bénéficier des sommes les plus importantes sont, dans l’ordre : GDF, EDF, Vinci et Carrefour. Les mensonges du gouvernement sont gros comme le nez au milieu de la figure car leurs activités en France ne sont absolument pas susceptibles d’être délocalisées.

Investir dans la recherche pour créer des emplois ?

Nous savons qu’aucun moyen de contrôle sérieux ne sera mis en place pour vérifier que les sommes donnés aux entreprises aillent effectivement dans la « recherche-développement », plutôt que dans les dividendes. Mais, même en admettant que l’argent aille effectivement à l’investissement technique – c’est à dire que des « contre-parties » soient imposées comme le réclament les dirigeants syndicalistes, les prolétaires devraient-ils s’en réjouir ?

En régime capitaliste, quel est l’objectif et le résultat des sauts techniques dans la production ? Tout ouvrier, toute ouvrière dans l’industrie ou les services le sait parfaitement, par l’observation : il s’agit de faire produire par un/e travailleur/se ce que deux travailleurs/ses produisait auparavant dans le même laps de temps. Dans cette hypothèse, il n’y a création d’emploi que si le marché où s’écoule les marchandises s’étend plus vite encore que le progrès technique, ce qui est exclu par la surproduction et toutes les prévisions économiques sérieuses.

En bref, que va faire Carrefour avec ses nouveaux euros tout frais ? Mettre en place des moyens de convoyer et de vendre les marchandises en évacuant le maximum de travail humain possible – comme avec les caisses automatiques. Il en ira de même partout ailleurs.

En résumé : le « pacte de compétitivité » va faire baisser les salaires réels par la hausse de la TVA, en renchérissant les biens de consommation courante. Il ne va pas empêcher les usines de fermer. Il ne va pas diminuer, mais au contraire augmenter le chômage – que les euros soient empochés comme dividendes, ou investis.

Pourquoi tant de haine ?

Il est entendu que les prétendus socialistes mènent une politique de classe, dirigée contre nous. Mais si ils mènent une politique qui est également désastreuse du point de vue du capital lui-même, c’est que ce dernier traverse un moment de crise qui interdit toute autre solution qu’une fuite en avant dans l’absurdité.

Dans la mesure où elle gère le capital en période de crise, la gauche ne peut pas ne pas mener la guerre au prolétariat, et la guerre économique contre les autres pays. Il n’y a pas de plan de gestion alternative, fût-il basé sur les « nationalisations » qui viendront tôt ou tard et seront tout aussi capitalistes que le reste. Le fait que les riches se gavent de dividendes comme des rats qui quittent le navire n’indique pas qu’ils soient plus avares et attirés par l’argent qu’auparavant. Cela montre que l’investissement capitaliste est de moins en moins rentable, du fait même de son degré invraisemblable d’accumulation.

Le problème du capital, c’est qu’il doit circuler : s’investir, se vendre comme marchandise, avec un certain équilibre et une certaine dynamique entre les secteurs de l’économie, sur le marché du travail, sans quoi il n’est plus du capital. De ce point de vue, tout fout le camp : et ce n’est pas ces 20 malheureux milliards d’euros qui vont y changer quoi que ce soit.

Ce n’est pas un souci pour nous, pour les prolos. Au contraire nous devons nous réjouir qu’aucune solution capitaliste crédible ne se dégage, tandis que le monde regorge de richesses gaspillées, d’aéroports inutiles, de routes qui ne mènent à rien, de ressources techniques orientées n’importe comment, pour faire n’importe quoi. Cette situation indique la possibilité et la nécessité d’un changement radical de l’organisation sociale. Il ne viendra pas automatiquement.

Les révoltes qui ne manqueront pas d’éclater devront se doter d’une perspective claire. Elle implique de rompre avec l’illusion d’une relance de l’économie capitaliste, qui ne pourrait avoir lieu qu’au prix de sacrifices énormes pour la population. Ce qu’il faut relancer, c’est la perspective de la société communiste.

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